Cette note présente les connaissances et perceptions de 85 acteurs du système de santé au Burkina Faso sur l’équité, l’efficacité et la transparence dans l’allocation des ressources financières aux structures publiques de santé. Les répondants comprennent des gestionnaires d’établissements, des administrateurs de district et d’hôpitaux. Les constats principaux indiquent une compréhension limitée des critères d’allocation, un manque de transparence et des retards chroniques de remboursement liés à la politique de gratuité, aux crédits délégués et aux crédits transférés. Ces insuffisances ont fragilisé la trésorerie des structures, entraînant dettes, ruptures de stock d’intrants essentiels et difficultés à payer les personnels de soutien. Près de 80% qualifient la situation financière de fragile ou très fragile, et 94% rapportent des ruptures de médicaments en 2024. La majorité signale des fonds insuffisants et inadaptés aux besoins réels ; des procédures administratives longues aggravent l’absorption locale. Entre 2019 et 2024, plus de la moitié des répondants constatent une baisse des montants alloués, phénomène accentué par la crise sécuritaire qui augmente les coûts logistiques et réduit les capacités opérationnelles dans les zones isolées. Le manque d’information sur les critères et la confidentialité des montants alloués alimentent suspicions de mauvaise gestion locale. Pour remédier à ces problèmes, les recommandations proposées incluent la sécurisation et la simplification des remboursements, la révision des critères vers une logique d’équité et de besoins, la transparence publique des critères et montants, et le renforcement des capacités locales ainsi que des systèmes de suivi et d’évaluation. Ces mesures visent à restaurer la confiance.
