Depuis septembre 2023, RESADE assure l’évaluation de l’Ecosystème Digital Minimal déployé en phase pilote dans les districts sanitaires de Ziniaré et de Ténado. Le 19 septembre 2025, la structure a organisé un café-débat sur les principaux résultats issus de l’évaluation menée au cours des deux dernières années. Cet atelier qui s’est tenu à Ouagadougou a regroupé des acteurs du Ministère de la Santé (niveau central, DRS/ DS), des représentants d’ONG partenaires (Thinkwell, TdH), ainsi que des journalistes de la presse écrite et audiovisuelle. Après une présentation synthétique des résultats de l’évaluation, les participants ont mené une réflexion approfondie sur les freins et les leviers d’une mise en œuvre réussie et pérenne de l’EDM, présenté comme une « révolution silencieuse » en raison de son potentiel impact progressif et durable sur le système de santé, pourtant peu perceptible pour le citoyen « lambda ».
Les discussions ont permis de relever plusieurs acquis majeurs constatés par les acteurs opérationnels : contribution de l’EDM à l’amélioration de la disponibilité, de la qualité et de la rapidité des données, meilleure traçabilité des flux financiers, gestion plus efficiente des médicaments.
Toutefois, des défis importants persistent. Il s’agit notamment des problèmes techniques rendant les outils instables, la faible connectivité internet et les coupures d’électricité limitant l’utilisation des outils, la faible appropriation des outils parfois liée à la faible littératie numérique des acteurs, et l’augmentation de la charge de travail du fait de l’utilisation de plusieurs outils numériques par certains acteurs d’une part, et l’utilisation concomitante du numérique et du papier d’autre part. Les mécanismes de supervision et de support technique demeurent faibles, entraînant des résultats variables selon l’engagement des responsables et le niveau de réceptivité spontanée des acteurs. L’insuffisance des ressources humaines dans certaines formations sanitaires et le manque de formation continue, les insuffisances en matière de gouvernance (gestion des COGES, supervisions intégrées et suivi financier), les disparités des approches et le non-respect du calendrier de déploiement etc. ont également été mentionnés. Toutefois, RESADE a précisé que les enquêtes précédentes se sont focalisées sur l’analyse de la perception des acteurs opérationnels et que la cinquième enquête à venir prendra en compte les acteurs du niveau central et utilisera plus de données quantitatives extraites des outils digitaux.
Afin de consolider les acquis, plusieurs points de vigilance stratégiques ont été identifiés. Il s’agit de renforcer l’interopérabilité des systèmes pour réduire le nombre d’outils utilisés, développer des formations adaptées avec un accompagnement rapproché pour garantir une meilleure appropriation, sécuriser les financements en mobilisant davantage le ministère et les partenaires, consolider la gouvernance locale et régionale afin d’assurer un suivi rigoureux et renforcer la sensibilisation des communautés pour favoriser leur adhésion. La documentation et l’évaluation des impacts demeurent également essentielles pour orienter l’extension future, notamment la transition vers le Centre national d’Intelligence Sanitaire (CeNIS).
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