La gratuité introduite au Burkina Faso en 2016 vise à remplacer les frais d’utilisation pour améliorer l’accès aux soins maternels, néonatals et infantiles (SMNI) en prépositionnant des fonds publics aux établissements. Le dispositif couvre tous les établissements publics et quelques privés pour un ensemble défini de services destinés aux enfants de moins de cinq ans, aux femmes enceintes et post-partum sans enregistrement préalable. L’examen mené par ThinkWell et RESADE a combiné revue documentaire, analyse de données et entretiens pour comprendre la mise en œuvre, les défis et les leçons. La gratuité a augmenté l’utilisation des services et réduit les paiements directs, mais n’a pas démontré d’amélioration de la qualité des soins. Des problèmes de financement insuffisant en 2018‑2019 ont créé des écarts entre factures et paiements et accru les dettes envers la centrale d’achat CAMEG. Le paiement à l’acte favorise l’équité et la qualité perçue mais peut accroître les dépenses et pose des tensions administratives ; des signes d’augmentation du coût moyen par facture ont été observés. Les retards et insuffisances de paiement ont réduit l’autonomie des établissements et généré de l’insatisfaction parmi les prestataires. Les mécanismes de validation externalisés ont permis de vérifier la plupart des factures, mais des contrats expirés ont affaibli le contrôle. Les recommandations privilégient une allocation budgétaire adéquate, le lien entre gratuité et qualité, et l’examen de mécanismes de paiement alternatifs tels que les forfaits, en veillant à préserver la qualité. Le document souligne aussi la nécessité d’une communication transparente sur les paiements et leur fonctionnement.
